Marc Demelemester
Bonjour Marc, parle nous de toi et de ton histoire ?
Je m’appelle Marc Demelemester, j’ai 71 ans, j’ai été joueur sous les couleurs de l’ACR dans les années 60/70 et j’évolue depuis de nombreuses années dans la musique en tant qu’auteur-compositeur et guitariste, ayant notamment accompagné Johnny Hallyday sur scène. J’ai interprété également le générique de la série Dallas au début des années 80.
Quel est ton tout premier souvenir sous le maillot de l’Amical Club Redonnais, et quel match ou moment fort t’a le plus marqué durant tes années au club ?
“Plusieurs souvenirs me reviennent et restent ancrés, le premier coup franc en moins de 13 ans, le coach Monsieur Poisson, père du gardien, m’avait dit : “Allez Marco vas-y tu vas marquer”, il avait vu juste: pleine lucarne.
Le terrain Maurice Matard, lieu de vie et lieu qui réunissait les gens.
Les copains et coéquipiers, les frères Ortaffa par exemple, ou Pascal.
Et la grosse rivalité entre les “Riches” de l’US Saint Conwoïon et les “Ouvriers” de l’AC Redon, des grosses bagarres entre les clubs, les gens qui se pourchassent dans les rues de Redon, il ne fallait surtout pas perdre contre la Saint Co.
Souvent il y avait des sélections pour les cadets de Bretagne pour jouer contre des équipes régionales, j’en ai fait partie et je suis même parti jouer avec le Stade Rennais FC.”
Durant ta jeunesse comment parvenais-tu à concilier le rythme des entraînements et des matchs du week-end avec ta passion pour la musique et tes engagements artistiques ?
“Cela a été un énorme problème lors du début de ma carrière professionnelle dans le milieu musical. Je venais au match du dimanche matin sans avoir dormi, j’enchaînais les concerts du samedi soir, prenais le bus et jouais 25 min. Les coéquipiers pensaient que j’avais fait la fête toute la nuit. J’ai dû choisir entre le football et la musique, le choix a été difficile mais j’ai choisi la musique. Nous jouions en DH à l’époque, c’était compliqué de pouvoir m’impliquer à fond.”
Est-ce que tes années passées sur les terrains de football à Redon et la camaraderie du club t’ont parfois inspiré des textes ou des mélodies ?
“Non, deux vies complètement différentes. Selon le surnom que l’on me donnait, je savais si la personne me connaissait par rapport au foot ou par rapport à la musique. C’était “Marco” par rapport au foot, soit “Rocky” par rapport à la musique.”
Que représente la ville de Redon dans ton parcours, à la fois sur le plan personnel et dans la construction de ta carrière musicale ?
“Redon est l’endroit où j’ai commencé la musique, lors des grèves de Mai 68, j’ai commencé la guitare et j’y ai carrément pris goût. C’est aussi la ville qui a réuni mes deux passions, le football et la musique.
C’est la ville où j’ai créé mon premier “garage band” nommé Plasma avec mon ami Henri Ameline, nous nous retrouvions dans la cave d’un papa d’un copain ou à la Bogue.
J’étais aussi dans les bals de noces ou de fin d’année.”
Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’évolution de l’ACR et sur la place qu’occupe le sport dans la vie locale redonnaise ?
“Je suis toujours l’ACR sur Facebook, j’attends chaque week-end pour voir les résultats.
Je suis très content du rôle social que l’ACR donne aux gens. L’ACR à toujours été un club prêt à aider son prochain, mais beaucoup moins que maintenant. J’espère que l’ACR et Maurice Matard résistent.”
Si tu devais donner un conseil à un jeune joueur de l’ACR qui hésite aujourd’hui à se lancer pleinement dans une passion artistique comme la musique, quel serait-il ? :
“C’est une question de choix de vie, si le jeune a envie et est passionné par la musique il ne faut pas hésiter. La musique c’est un peu comme le foot, il faut s’entraîner.
Mais faites le choix qui vous semble le mieux pour vous.”
Pour finir « l’interview en un mot » :
“On ne lâche rien et on gagne dimanche prochain.”