Antonin Ferand, Adjoint U13

Bonjour Antonin, parle nous de toi et de ton rôle dans le club ?

Je m’appelle Antonin Férand, j’ai 55 ans, je suis représentant des parents de jeunes footballeurs au conseil d’administration de l’ACR, ce qui n’est pas une responsabilité exceptionnelle ; je suis aussi « assistant stagiaire » coach auprès des jeunes, je me définis ainsi car mon rôle est de participer aux entraînements des jeunes, c’est à dire surtout les U13 mais parfois aussi les U7 et U9 en fonction des besoins, selon les absences etc… Il m’arrive de préparer des séances d’entraînement et de les diriger, ou de coacher des matchs. J’arbitre aussi à l’occasion.

D’où viens cette investissement dans le club ?

Je suis devenu entraîneur par hasard, en accompagnant mon fils aux entraînements et en répondant aux besoins du club à un moment donné. Ce n’était pas vraiment un projet mais je ne regrette pas. Encadrer les enfants ou les jeunes, discuter avec, les voir évoluer est un truc que j’aime bien.

Je n’ai pas de formation spécifique au football pour entraîner les jeunes. Par contre, j’ai passé autrefois un BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur), un BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur), un diplôme d’enseignant, plus deux ou trois trucs accompagnant, par exemple du secourisme, etc… J’ai joué au foot plus jeune, je le connais assez bien. Le tout est bien suffisant dans un premier temps pour initier des enfants aux football, mais si je voulais m’impliquer plus, prendre des équipes sous ma responsabilité, alors je devrais certainement m’intéresser à des formations spécifiques.

Quel est ton meilleur et pire souvenir sur au club?

Mon meilleur souvenir sur le terrain était en pupilles (U11). Je jouais au Dresny et j’allais à l’école à Avessac (la maison de mes parents était frontalière entre les deux communes), toute la semaine avant un match Dresny-Avessac je m’étais fait chambrer à l’école sur la dérouillée qu’on allait prendre (on avait perdu 7-0 à l’aller). J’étais goal, on a gagné 4-2 le samedi matin dont un but directement sur une de mes relances, j’ai passé le reste du week-end à préparer les vacheries que je leur ai distillées dans la cour d’école la semaine à venir. Le pied total ! Je n’ai pas vraiment de mauvais souvenir, de chose que je regrette, en tant que joueur ou que coach.

Quels sont tes projets pour cette année ?

Pour cette année, je n’ai pas spécialement de projets footballistiques. Ni pour après, d’ailleurs. Si jamais je m’implique plus en tant qu’entraîneur, il faudra que je pense à me former un peu plus.

As-tu un secret ou un rituel pour préparer tes matchs ?

Aucun secret, aucun rituel. Je suis un rationaliste pur, je n’aime pas les mythes et je ne crois pas à la magie. Je préfère me concentrer sur des idées plus basiques : encourager les jeunes, leur rappeler quelques notions (pas trop longtemps quand on est juste avant le match, ça les emmerde), insister toujours sur le collectif. Répéter des rituels ne sert à rien, surtout si c’est au détriment de ces notions.

Pour finir « l’interview en un mot » :

Ton sportif : aucune hésitation, Sócrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira ou tout simplement Socrates. Un artiste du football, un « milieu central » comme je les définis, autant offensif que défensif, une classe et une technique folle. Au début des années 80 le capitaine de l’équipe nationale duBrésil, la plus belle équipe qu’ait jamais aligné ce pays, parait-il. Voilà le niveau de ce gars. Par ailleurs, menant dans son équipe des Corinthians de Sao Paulo l’expérience de « démocratie corinthienne ». Une seule anecdote à ce sujet : en 1983, lors de l’équivalent brésilien de la finale de la coupe de France, il défile avec les autres joueurs sur le terrain en portant une banderole de quinze mètres de long« Gagner ou perdre mais toujours en démocratie ». Des dizaines de milliers de spectateurs dans le stade, des dizaines de millions de téléspectateurs et devant lui, à vingt-cinq mètres dans la tribune d’honneur, les généraux de la junte dictatoriale qui tenait alors le Brésil dans une main de fer. Le capitaine de l’équipe nationale, Dieu vivant au Brésil, qui défie les dictateurs locaux les yeux dans les yeux à quelque mètres d’eux. Voilà qui était Socrates. Je pourrais en parler des heures durant.

Ta sportive préférée : sans hésitation Suzanne Lenglen. LA championne de tennis des années 1920, il y avait elle et personne d’autre. La première sportive super-star mondiale, la première à envoyer promener les règlements pudibonds qui exigeaient des jupes longues jusqu’aux chevilles pour les femmes, ainsi que des chemises à manches longues. Elle venait avec des tenues colorées, une jupe au dessus du genou parce que c’est plus facile pour courir, des chemises sans manches qui dégagent les mouvements des bras (au tennis, en plein été, ça peut servir…), elle a créé le style vestimentaire actuel des joueuses. Avant d’avoir vingt ans elle faisait un gros bras d’honneur aux ayatollahs de son époque qui voulaient lui imposer sa tenue, sa façon de faire. Elle n’a jamais raté une occasion d’aller emmerder les bien-pensants. N’oublions pas les performances sportives, championne olympique en 1920, gagnant plusieurs fois Rolland Garros et Wimbledon. Là encore, la classe ultime

Ton film : Y’en a beaucoup. Peut-être « Sin-City », de Robert Rodriguez. Qualité d’image, du scénario, des acteurs, beaucoup de choses dans ce film.
Ta chanson : « We will rock you » du groupe anglais Queen, ou alors « Bohemian Rhapsody ». Mais j’aurais tout donné pour voir Tina Turner chanter « Proud Mary » sur scène.
Ta série : Je regarde très peu la télé. J’ai beaucoup apprécié « Dr House ». Peut-être une identification inavouée au personnage principal, aussi génial qu’insupportable..
Ton Acteur : trois noms à égalité Alan Rickman, Joaquin Phenix et Émilie Dequenne à égalité Des styles différents mais des personnalités fortes.

Couleur préférée : Aucune. Je continue cependant à affirmer qu’on ne doit jamais abdiquer le privilège de porter un maillot avec rayures.
Plat Préféré : Aucun. Un souvenir ému pour les sardines grillées mangées dans la rue au Portugal. L’important est moins le plat, il peut être très simple dès qu’il est bien fait, que ce qui va avec.
Ton accessoire indispensable : aucun. Je ne suis ni fétichiste ni matérialiste. Éventuellement un chapeau ou une casquette, à cause de mon léger manque de cheveux.
Ta citation préférée : j’en connais des dizaines. Je citerais Michel Audiard « Les cons ça ose tout c’est même à ça qu’on les reconnaît », Pierre Desproges « Je suis marxiste tendance Groucho », Woody Allen « L’éternité c’est long, surtout vers la fin », Oscar Wilde « Tout art est complètement inutile », mon grand-père maternel Camille « Si quatre types t’emmerdent, quand t’as cogné les trois premiers le quatrième s’en va », un de mes oncles préférés Omer « Ma capacité à tolérer la connerie humaine diminue avec l’âge ». Et plein d’autres